Présidence de la République du Togo : Pas de choix au hasard !

Le choix de Jean-Lucien Savi de Tové comme premier Président de la République de la 5ᵉ République togolaise suscite des débats passionnés. Si certains saluent son parcours politique et sa stature d’homme d’expérience, d’autres critiquent un processus perçu comme marqué par des compromis historiques. Entre symbolisme d’unité nationale et controverses sur l’alternance, cette désignation reflète les défis d’une transition politique majeure au Togo selon un politologue dont voici ses explications.
Le poste de Président de la République, contrairement à celui de Président du Conseil, n’a pas été pensé pour être accessible aux jeunes dans le cadre de la 5ᵉ République. Cela peut étonner, mais l’âge minimum requis pour occuper cette fonction est fixé à 50 ans, contre 40 ans pour le Président du Conseil. Il est intéressant de rappeler que lors de la première rédaction du projet de Constitution, cet âge avait même été fixé à 60 ans avant d’être ramené à 50 ans. Ce choix découle d’une réflexion profonde sur la nature même de cette fonction : le Président de la République est le symbole de l’unité nationale.
Pour exercer un tel rôle, il faut nécessairement de la pondération, une solide expérience et une connaissance approfondie des réalités du pays. Le titulaire de cette fonction doit maîtriser les subtilités, les contradictions, les difficultés, l’histoire et la sociologie du Togo. Il doit également comprendre les traits de caractère des hommes et des femmes qui animent la vie socio-économique et politique du pays. Ces qualités sont indispensables pour accompagner le Président du Conseil, les présidents des institutions de la République et tous les autres acteurs, en apportant sa sagesse, ses compétences et ses orientations dans la consolidation de l’unité nationale.
Un Président de la République doit être un acteur ou, à tout le moins, un observateur avisé et expérimenté de la gouvernance d’État et de la vie politique nationale. Il doit aussi posséder une bonne connaissance du fonctionnement interne des institutions pour pouvoir en parler et en juger avec discernement.
L’âge et l’expérience sont donc des présomptions importantes de sagesse et de connaissance du pays. Certes, tous les aînés ne sont pas sages, et tous les sages ne sont pas âgés, mais on peut raisonnablement présumer qu’un homme de 86 ans, doté d’un parcours administratif, politique et institutionnel aussi riche, et d’un caractère pondéré confirmé par des enquêtes sérieuses, est un sage digne de la fonction présidentielle et de ses implications.
Pourquoi SEM Jean-Lucien Savi de Tové est-il le choix idéal ?
Jean-Lucien Savi de Tové n’est plus à présenter. Les résumés de son parcours professionnel et politique, élogieux et impressionnant, sont largement consultables. Toutefois, il est essentiel de mettre en lumière certains aspects de son expérience qui font de lui un candidat exceptionnel à cette haute fonction, parmi d’autres personnalités tout aussi méritantes.
Le Président Savi de Tové est un homme politique chevronné, membre d’un parti d’opposition, qui a traversé toutes les étapes de la vie politique togolaise au cours des 40 dernières années. Ses compagnons de lutte incluent des figures emblématiques comme feu le Premier ministre Edem Kodjo. Il a côtoyé, négocié, transigé et collaboré avec les grands acteurs de la vie politique et socio-économique du Togo, qu’ils soient encore présents ou disparus. Il a participé à de nombreux dialogues politiques et a été membre de délégations lors de médiations nationales et internationales.
Son expérience au sein du gouvernement lui a permis de comprendre en profondeur le fonctionnement des institutions. Homme de nature modérée et pondérée, il incarne une figure idéale pour promouvoir l’unité nationale, agissant comme un pont entre les différentes positions politiques, doctrines, diversités sociologiques et ethniques. Il a démontré sa capacité à se placer au-dessus des clivages et à œuvrer pour le bien commun.
Mais au-delà de son parcours politique, sa filiation familiale confère à sa candidature une dimension symbolique forte. Jean-Lucien Savi de Tové est le fils de feu Jonathan Kokou Savi de Tové, ancien Président de l’Assemblée nationale et membre fondateur du CUT (Comité de l’Unité Togolaise). Jonathan Savi de Tové, exilé en Allemagne après le coup d’État de 1963, aurait refusé de former un gouvernement en exil contre le régime en place, bien qu’il en ait été une victime.
L’élection de son fils, Jean-Lucien Savi de Tové, comme premier Président de la République de la 5ᵉ République, par une majorité acquise à UNIR – parti souvent perçu comme l’héritier du RPT, adversaire historique du CUT – marque un dépassement des clivages politiques historiques. Ce choix symbolise une volonté de réconciliation nationale et de convergence vers une unité totale, sans discrimination, comme le prône le nouveau Président.
Cette élection confère à Jean-Lucien Savi de Tové une immense responsabilité : celle de conduire l’unité nationale dans un contexte de changement de paradigme. Son histoire personnelle, son expérience politique et professionnelle, ainsi que son âge, sont autant de garanties de compétence et de sagesse recherchées dans cette période charnière pour le Togo.
Enfin, cette alternance au sommet de l’État, longtemps réclamée par certains, est désormais une réalité. Ce changement devrait logiquement apaiser les discours politiques récurrents sur le besoin d’alternance, si l’on est de bonne foi. Le Togo entre ainsi dans une nouvelle ère, portée par une volonté de dépassement des divisions et de construction d’un avenir commun, dans la paix et l’unité.
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